L’alternance politique intervenue à la fin de l’année 2015 a marqué le point de départ d’une nouvelle phase caractérisée par de bonnes performances économiques. Le Burkina Faso a ainsi enregistré une croissance économique soutenue entre 2015 et 2020. Les programmes et réformes mis en œuvre par le Gouvernement ont permis au pays d’afficher une croissance moyenne estimée à 6,2 % sur la période 2016-2019. Avec une contribution de plus de 40,0 % à la formation du produit intérieur brut (PIB), le secteur tertiaire a été le principal moteur de cette dynamique.
Comme l’ensemble des économies, le Burkina Faso a été affecté par la pandémie de COVID-19. L’activité a donc ralenti en 2020, avec un taux de croissance estimé à 2,5 %, contre 5,7 % en 2019. Les performances économiques du pays devraient toutefois s’améliorer en 2021, avec une croissance attendue proche de 7,0 %, en lien avec la reprise de l’activité mondiale et l’amélioration de la conjoncture économique régionale.
Des performances économiques à saluer malgré la crise sanitaire
Entre 2015 et 2020, le PIB du Burkina Faso en valeur est passé de 6 119,6 milliards de FCFA à 10 121,9 milliards de FCFA, soit une augmentation d’environ 4 002,3 milliards de FCFA.
Malgré l’impact négatif de la COVID-19 sur l’activité, l’économie burkinabè a enregistré une croissance positive en 2020, portée par les secteurs primaire et secondaire, qui ont progressé respectivement de 5,7 % et 7,7 %. Le secteur tertiaire, en revanche, s’est contracté de 2,6 %, après une hausse de 6,9 % en 2019. Cette contreperformance s’explique par l’effondrement du sous-secteur « hébergement et restauration » (-28,8 %).
L’activité de ce secteur a été fortement affectée par les conséquences des mesures prises pour limiter la propagation de la pandémie. Au total, la contribution du secteur tertiaire à la croissance du PIB s’est établie à -0,7 point de pourcentage en 2020, contre +4,8 points un an plus tôt. Quant aux secteurs primaire et secondaire, ils ont contribué chacun à hauteur de 1,3 point de pourcentage à la croissance du PIB.
Le secteur primaire a enregistré une croissance de 5,7 % en 2020, après 3,8 % en 2019. Cette évolution serait principalement liée à la performance du sous-secteur agricole, notamment des cultures de rente, grâce à la hausse de 2,1 % de la production de coton, mais surtout à l’augmentation de la production d’arachide non décortiquée (+59,2 %) et de sésame (+2,6 %). La valeur ajoutée des cultures vivrières a également progressé de 4,6 % en 2020 par rapport à 2019. La production céréalière s’est établie à 5,179 millions de tonnes au cours de la campagne agricole 2020/2021, en hausse de 4,8 % par rapport à l’année précédente. Le secteur primaire a contribué à hauteur de 1,2 point de pourcentage à la croissance du PIB en 2020.
S’agissant du secteur secondaire, celui-ci a progressé de 7,7 % en 2020, après une hausse de 5,6 % en 2019. Ce rythme de croissance est principalement porté par le dynamisme des activités extractives. Toutefois, la valeur ajoutée du sous-secteur des travaux de construction, d’installation et de finition a reculé de 3,5 % en 2020. Cette baisse s’explique par le ralentissement du bâtiment et des travaux de construction dans le secteur privé, en lien avec les effets de la COVID-19.
La valeur ajoutée du sous-secteur des mines et carrières a, pour sa part, progressé de 16,7 % en 2020. Cette hausse pourrait s’expliquer par l’entrée en production de la mine de Sambrado (SOMISA), qui a contribué à porter la production d’or industriel de 50,3 tonnes en 2019 à 62,138 tonnes en 2020, soit une augmentation de 23,5 %. Au total, la contribution du secteur secondaire à la croissance du PIB a atteint 2,0 points de pourcentage en 2020.
Programmes de développement du Gouvernement : des résultats satisfaisants malgré des défis persistants
Dans sa volonté d’améliorer les conditions de vie de ses populations, le Burkina Faso a élaboré et mis en œuvre plusieurs cadres de développement. Le plus récent d’entre eux est le Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020.
Mis en œuvre dans un contexte sécuritaire et sanitaire particulièrement difficile, le PNDES a permis d’obtenir de nombreux acquis sur les plans politique, économique et social. Malgré ces avancées, le pays reste confronté à plusieurs défis. Ainsi, en dépit de la baisse observée de l’incidence de la pauvreté, passée de 40,1 % en 2014 à 36,2 % en 2018, 7,3 millions de personnes sur les 20 millions d’habitants du Burkina Faso vivent encore en dessous du seuil de pauvreté.
Dans le même temps, le niveau d’inégalités de revenu mesuré par l’indice de Gini est passé de 0,353 en 2014 à 0,38 en 2018. Par ailleurs, la réduction de la pauvreté est restée limitée en milieu rural, où vivent neuf pauvres sur dix. La période de mise en œuvre du PNDES a également été marquée par la crise sécuritaire, qui a entraîné le déplacement de nombreuses populations à travers le pays.
Les politiques publiques n’ont pas été suffisantes pour garantir la sécurité et la paix, ni pour générer une dynamique de création de richesse permettant une amélioration significative du bien-être des Burkinabè, en particulier en milieu rural. En plus des facteurs exogènes (insécurité en provenance des pays du Nord-Sahel, pandémie de COVID-19), cette situation résulte de l’insuffisante adaptation du système national de sécurité aux défis actuels, des faiblesses structurelles du système productif national, de la faiblesse du capital humain et d’une solidarité nationale insuffisamment consolidée.
Au regard de ces insuffisances et afin de mieux valoriser le potentiel de production dans les secteurs agricole, industriel, commercial et du développement social, le PNDES a identifié les principaux défis suivants :
- renforcer la résilience du pays, la paix et la cohésion sociale ;
- consolider le développement du capital humain ;
- améliorer la gouvernance ;
- approfondir la transformation de l’économie nationale ;
- améliorer le financement de l’économie et la mise en œuvre des politiques publiques.
Pour répondre à ces défis, le deuxième Plan national de développement économique et social (PNDES-II, 2021-2025) propose de concilier les objectifs de transformation des structures économiques, démographiques et sociales avec les contraintes du contexte actuel, tout en réduisant les inégalités et en améliorant durablement le bien-être des populations, dans un environnement marqué par les crises sécuritaire et sanitaire ainsi que par le risque d’érosion de la cohésion sociale.
Pour une vision plus complète de l’économie burkinabè et de ses perspectives d’investissement, téléchargez la note d’information sur le Burkina Faso.
Source : Note d’information du Burkina Faso – août 2021.